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 Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)

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Timothy K. Lennox

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MessageSujet: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mer 18 Juil - 1:00

Bièraubeurres & guimauves


ft. Sidney J. Pond






Mercredi 18 juillet 2018. 17 heures 54. En face des Trois Balais.

Il fait froid et il pleut. Un temps définitivement scottish, surtout pour un été qui s'annonçait au départ comme chaud et sec, de façon plutôt extraordinaire. Le mois de juin avait été dans ce genre, malgré quelques légères averses. Le mois de juillet, lui, est davantage proche de l'idée qu'on se fait des Highlands des contrées de William Wallace. Malgré les gros nuages s'épanchant au-dessus du petit village de Pré-au-Lard, il reste une lumière estivale relativement généreuse : le soleil n'est censé se coucher que d'ici trois heures et quelques. J'ai oublié mon parapluie. Résultat : je suis trempé jusqu'aux genoux, de longs filets d'eau courent depuis mes cheveux jusqu'au sol et mes vêtements ont tant et tant emmagasiné d'eau que je dois bien peser trois livres de plus. Cela dit, la pluie s'est un peu calmé depuis que je suis arrivé au porsche sous lequel je m'abrite. Si Sid n'arrive pas trop en retard et avec un parapluie, elle ne devrait pas, comme moi, ressembler à quelque chose de piteux en arrivant. D'habitude, elle est même plutôt bien mise. Intérieurement, je me dis que j'aurais dû faire un petit effort vestimentaire. Je porte un pull noir un peu trop long et un jean délavé au niveau des genous. A mes pieds, mes éternelles sneakers bleues Bexley, détrempées au point qu'elles émettent un pitoyable petit "shpouitche" à chaque pas que j'effectue, à moins que je ne fasse attention à ne pas appuyer sur les talons quand je marche.

17 heures 55.

Pas de chevelure de rouquine à l'horizon. Pas de sa faute, je suis totalement en avance. Elle, elle est ponctuelle, la plupart du temps. Elle arrivera au moment où elle l'a annoncé. Pour être sûr de ne pas m'être planté sur la date, l'heure et le lieu du rendez-vous, je me rassure en ressortant la lettre que j'ai reçue de la volière. Un léger fumet de hibou s'en échappe encore. Satanées bêtes malodorantes. En parcourant à nouveau la lettre, je me délecte encore une fois du ton autoritaire et habituel de mon amie au Serpent. Et je découvre que je ne me suis heureusement pas planté : elle est censée arriver aux Trois Balais dans cinq minutes. J'aurais vraiment été en colère contre moi-même si je m'étais planté dans la date. Mais pas surpris.

17 heures 56.

Les examens sont terminés depuis à peine quelques jours. Sans surprise, je sais déjà que j'aurai à les repasser l'année prochaine. Certains examens se sont passés d'une manière encore pire que ce que j'espérais : la métamorphose en tête. C'aura été un véritable désastre. En ce qui me concerne la jeune demoiselle avec laquelle je dois boire un verre, je ne me fais aucun souci pour elle. Ce qui m'étonnerait, c'est qu'elle ne fasse pas partie des meilleurs de la promotion. Je me surprends à redouter, quelque peu, le moment où je lui annoncerai que j'ai tout loupé en cette fin d'année. Elle voudra certainement me botter le cul bien comme il faut, et je serais bien malavisé de lui en vouloir. Après tout, elle a fait pas mal de choses pour me convaincre de me rendre à la bibliothèque dans les derniers mois de l'année qui vient de s'écouler. Et puis, cette entrevue, je sais que je la redoute également pour autre chose ; l'inverse serait surprenant : je n'ai pas arrêté d'y penser ces dernières semaines.

17 heures 58.

Ce qu'il s'est passé dans les cuisines de Poudlard, je n'arrive pas encore à vraiment le comprendre, bien que quelques hypothèses que j'aurai à coeur de vérifier se dégagent de mes incessants questionnements de ces derniers jours. Le fait qu'elle soit partie sans même me dire au revoir, sans même regarder derrière elle, et qu'elle m'ait évité avec assez d'aisance pour que je ne la remarque même pas une seule fois dans la foule des élèves de l'académie me rendent quelque peu nerveux. J'ai peur, dans tout ça, qu'elle m'annonce que notre amitié est terminée et qu'elle n'a plus envie de perdre son temps avec moi. Là encore, j'aurais du mal à lui en vouloir. Même si j'ai toujours assumé, dans notre relation, que je porte le rôle du boulet tantôt attachant, tantôt exaspérant, je peux comprendre qu'elle puisse vouloir s'en délester pour s'améliorer encore. Moi, je n'ai pas envie qu'elle s'éloigne.

17 heures 59.

D'autres choses étranges se sont passées lors de cet après-midi du début de l'été. La première d'entre elles aura certainement été cette gifle que je n'aurais jamais su prévoir, même si j'étais plus intelligent. La seconde, encore plus étrange, ça a été ma réaction : ce câlin. Je me demande encore pourquoi j'ai fait ça. Par contre, je sais pourquoi elle est partie : elle a toujours été plus ou moins hostile à toute forme de contact physique, avec moi comme avec les autres. Moi, personnellement, je ne suis pas spécialement hostile : j'aime bien les câlins.

18 heures.


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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mer 18 Juil - 16:16


Je me passai la langue sur les lèvres, me délectant du souvenir de la bièraubeurre que j’avais bu d’une traite une dizaine de minutes auparavant. Histoire de me donner du courage, vous savez. Parce qu’on était mercredi, qu’il était 17h50, et que j’étais plantée devant Honeydukes à redouter le rendez-vous que j’avais moi-même proposé. Proposé, que dis-je ! Que j’avais moi-même imposé, plutôt.

Quelle stupide idée de ma part ! Et quelle mauvaise foi ! J’avais quitté Tim sans précédent il y a quelques semaines dans les cuisines de Poudlard, m’étais arrangée pour ne pas le croiser pour une raison qui m’échappait, et je l’avais incendié par hibou sous prétexte qu’il ne m’avait toujours pas donné de nouvelles. Après cette gifle, me diriez-vous, quoi de plus normal. Il allait sûrement me poser un lapin, d’ailleurs. Ce qui ne faisait qu’augmenter mon angoisse de me retrouver aux Trois Balais, seule, humiliée et en colère.

Heureusement, j’avais prévu le coup. Quand bien même je prenais le risque d’afficher l’échec que j’étais, je restais fière, à l’allure impeccable des pieds à la tête. Mes cheveux soigneusement lissés me tombaient sur les épaules, et j’étais armée de mon fidèle parapluie pour contrer ce fichu temps à la patte écossaise et garder toute ma superbe. Un pull en laine à rayures bleues et blanches, col bateau bien évidemment, histoire de mettre en valeur mes clavicules ; un jean qui, je le savais, me mettait à mon avantage ; et des petites chaussures marrons résistantes à la pluie ; habillée simplement, peut-être, mais avec goût. En somme, une tenue de circonstance, casual mais toujours avec classe. J’étais même allée jusqu’à me maquiller légèrement avant de sortir de chez moi, histoire de lui en foutre plein la vue et qu’il ne m’assaille pas de questions. J’allais bien, c’était écrit sur mes yeux de biche et mes lèvres rosées.

J’avais poussé le vice plus loin encore. Une montre délicate affinait mon poignet et une bague ornée d’une pierre bleue habillait mes doigts. J’étais belle jusqu’au bout des ongles. Bleus, également. Pourquoi tant de bleu ? Parce que ça va bien aux rousses.

Mais si je rayonnais de tout mon être en apparence, il n’en était rien au fond de moi. C’était la panique à bord. Je m’étais réfugiée quelques instants à la Tête de Sanglier pour boire une bièraubeurre dans l’idée de me désinhiber quelque peu, en vain. Désabusée, j’avais fini par atterrir devant Honeydukes et j’y avais campé, histoire de ne pas attendre comme une idiote devant notre lieu de rendez-vous.

Je restais cependant une idiote. Une idiote qui ne savait toujours pas dans quelle situation elle s’était fourrée, et qui cherchait un moyen de s’en extirper.

Et si c’était moi, qui lui foutais un lapin ?

L’idée commença à germer dans un coin de ma tête, déridant quelque peu mes lèvres. C’était tentant… Mais encore plus stupide que d’être plantée à une ou deux centaines de mètres de mon lieu de rendez-vous par peur. Non, je ne pouvais pas m’abaisser à faire ça. Et de toute façon, si la gifle n’avait pas signé la fin de notre amitié, lui poser un lapin le ferait sûrement.

J’inspirai longuement, prête à affronter mon destin du mieux que je pouvais. Comprendre me présenter mais adopter une attitude lâche. Ce mot ne m’avait pas quitté depuis l’épisode des cuisines, même si j’avais pu le mettre en standby durant la période d’examens. Il était revenu plus fort encore, semblait s’être calmé lorsque j’avais écrit à Tim, puis avait gagné en ampleur lorsque j’avais envoyé la lettre. Comme si je ne prenais pas toutes mes responsabilités. Je lui avais proposé qu’on se voie, ça suffisait, non ?

Secouant la tête pour me remettre les idées en place, je jetai un coup d’œil à ma montre. Plus que cinq minutes. Parfait. Si je me mettais en route à l’instant, j’arriverais pile à l’heure.

Et c’est ce que je fis. Mais quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir au loin cet imbécile de Lennox déjà sur place, trempé des pieds à la tête, à m’attendre devant le bar. Il aurait pu se mettre au chaud, pour commencer. Quel idiot.

J’arrivai à sa hauteur et tentai de le réprimander du regard, sans succès. Je me bloquai aussitôt, perdant mes mots, incapable de lever les yeux vers son visage. Regardant son torse fixement, je m’éclaircis la gorge et lançai avec agacement en guise de bonjour :

- Bah alors, tu comptes rester planté là encore longtemps ?

N
i plus, ni moins. Je le contournai en évitant soigneusement d’avoir à le regarder, fermant mon parapluie au passage, décidant d’ouvrir le bal. M’engouffrant à l’intérieur, je retins vaguement la porte dans l’idée de le laisser passer, le temps d’une seconde. Me reprenant, je continuai mon chemin, cherchant une table des yeux.

Il n’y avait pas beaucoup de monde, ce jour-là. Peut-être était-il encore tôt pour les buveurs invétérés du coin. Au moins, cela nous permettrait de nous entendre. Mais, l’inconvénient, c’était que je ne pourrais pas feindre un intérêt soudain pour un groupe de personnes, ou encore de ne pas l’écouter à cause du bruit. J’allais devoir assumer… Sauf si je trouvais un autre moyen d’échapper aux reproches.

J’aperçus une petite table ronde dans un coin reculé de la salle. Trois tonneaux faisaient office de chaises. Je m’y dirigeai sans plus tarder, bien que nerveuse à l’idée d’être aussi coupée du reste du monde. Allez, Sidney, d’où te vient cette improbable lâcheté ? Montre-lui ce que t’as dans le ventre. T’en es capable. Et puis, ce n’est que le temps d’une bièraubeurre.

Du moins, c’était ainsi que je tentai de me réconforter, alors que je m’asseyais lentement, respirant profondément pour me préparer au pire. On y était.

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Jeu 19 Juil - 23:00



Je la vois arriver. A l'heure, évidemment. Sans même m'en empêcher, je la toise de bas en haut. Bien maquillée, astucieusement vêtue, parfaitement coiffée. Encore plus jolie que d'habitude. Limite parfaite. A côté d'elle, je fais clairement tache. C'est normal, en même temps : il n'y a qu'un air battu qui me différencie du petit bâtard errant dans une vieille rue humide de Glasgow. Evidemment, elle ne tarde pas à me balancer son premier reproche. Sa façon bien à elle de me saluer, en somme. Elle semble distante, l'air emprunté malgré sa tenue de corps constamment parfaite. Serait-elle gênée ? C'est bien possible et même compréhensible, étant donné l'incident qui se déroula il y a maintenant quelques jours. Je ne lui en veux pas le moins du monde, mais je ne comprends pas pourquoi elle me donne rendez-vous alors qu'elle semble n'avoir aucune envie de me côtoyer en cet instant précis. Peut-être compte-t-elle crever l'abcès, espérant ramener les choses complètement à la normale après une mise à plat exhaustive et définitive ? Peut-être, aussi, que cette façon d'être distante est un signal, une sorte de réponse à l'attitude que j'avais eue envers elle ce jour-là, dans les cuisines de l'école. Je l'avais plus ou moins enroulée autour de mes bras, et sans doute avait-elle été tant et tant gênée, voire humiliée, qu'elle me faisait comprendre par le fait d'éviter systématiquement mon regard qu'elle ne voulait en aucun cas que ça se reproduise. Ou alors, hypothèse la moins probable, elle était juste de mauvaise humeur et elle voulait juste boire un coup en espérant que je sois le moins silencieux possible. Cette hypothèse est la moins probable puisque, quand elle est de mauvaise humeur, elle n'a tellement pas envie de me voir qu'elle ne se force même pas à venir me voir, tout simplement.

Sans même répondre à sa prime invective, je la suis de près alors qu'elle ne daigne qu'à peine me tenir la porte qui mène à la douceur sèche de l'intérieur des Trois Balais. Il y fait bon, malgré le fait que je sois encore mouillé comme un paillasson un jour d'automne. Je continue à la suivre jusqu'à une table excentrée, près du mur et des ombres. Rien d'anormal dans ce comportement-là. Elle n'aime pas vraiment la lumière. Et moi, je m'en fous. Au moment de nous asseoir, Sid n'a pas encore délié sa langue, hormis ce petit salut classique de chez elle. Fait plus surprenant, je me rends compte que je n'ai pas encore desserré une seule fois les machoîres, pas même pour sortir une énième connerie peu spirituelle mais tellement amusante (pour moi, s'entend). Je m'assieds, dos au mur, tandis que Sid a pris une place en face de moi, dos à l'entrée du débit de boissons. J'évite de m'avachir : mes manches sont encore tellement humides que j'ai l'impression que les poser sur la surface plane et lisse de la tablée ferait gonfler le bois. Je reste, somme toute, relativement droit sur mon tonneau de chêne, essayant de me faire remarquer à dévisager mon interlocutrice qui, décidément, est bien maquillée et bien coiffée aujourd'hui, malgré les conditions climatiques décidément trop peu clémentes en ce mois de juillet.

La serveuse n'arrive pas encore. Peut-être n'a-t-elle même pas remarqué que nous étions rentrés. Pourtant, le "shpouitche" de mes chaussures aurait dû alerter toute la clientèle et tout le personnel servant de notre arrivée. Je passe la main droite dans ma longue chevelure noire et trempée. Bien que je sois tenté de me secouer tel un cabot pour éclabousser mon amie (dans un but purement humoristique, évidemment), quelque chose m'en retient. Une sorte de timidité qui, pourtant, ne m'est presque jamais familière. Je suis même, souvent, du genre à agir en premier lieu pour réfléchir après. Pas aujourd'hui. Je me demande, quelque part, si les évènements de notre dernière entrevue ne m'influence pas, plus ou moins inconsciemment, à me tenir à carreau. Peut-être, finalement, ai-je peur de la froisser à nouveau et de la voir partir. J'ai failli pleurer, ce soir-là. Je n'aime pas voir les gens me fuir, encore moins Sid que j'ai habitué à avoir un seuil de tolérance à ma présence anormalement élevée, justement pour éviter de voir ce genre de choses arriver. Par ailleurs, j'avais osé braver le couvre-feu du château pour la trouver le soir-même, qu'on ait une discussion sérieuse et sincère, tous les deux, sur le toit d'une des serres de botanique. Mais à part deux préfets qui auraient pu me découvrir et me coller la punition de ma vie, je n'avais rencontré personne et j'avais dû retourner à ma salle commune, bredouille, un poids sur le coeur. Peut-être m'avait-elle vu sans que je ne la voie, et peut-être avait-elle décidé, de son plein gré, de ne pas m'adresser la parole et de m'éviter, comme je pense que ce fut le cas le reste pour la période des examens.

"T'es jolie, aujourd'hui !"

Merde, cette phrase est sortie comme si j'étais un putain de robot. D'ailleurs, c'est quoi cette phrase !? Depuis quand je lui dis qu'elle est bien mise, jolie, charmante ? D'habitude, je lui fais une petite pique innocente, à laquelle elle aime bien répondre de manière encore plus acerbe : c'est un genre de jeu entre nous. Normalement, j'aurais dû lui dire un truc du genre : "Eh ! Toujours chiante ?". Pourtant, non, je lui ai dit qu'elle était jolie. Je ne peux même pas m'empêcher de plisser les yeux sous la métaphorique douleur de celui qui dit une connerie qu'il ne devrait pas dire. Même si j'en dis souvent, des conneries comme ça, celle-ci est encore plus une connerie. Preuve de ma nervosité, je me passe les deux mains dans les cheveux, n'oubliant pas de les tirer au passage. Bravo, j'ai les deux mains bien mouillées alors que l'air sec du bistrot m'avait aidé à les sécher un peu.


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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Ven 20 Juil - 12:57


Bizarre.

Bizarre, bizarre, bizarre.

C’était beaucoup trop bizarre !

Il n’avait pas pipé mot depuis que j’étais arrivée. Rien. Pas la moindre blague, pas la moindre onomatopée, pas la moindre remarque déplacée. Il était resté muet comme une carpe, à attendre je-ne-sais-quoi pour le lancer.

Et comme si ça ne suffisait pas, il était droit comme un piquet sur son siège.

Malaise.

Et voilà que je me mettais à paniquer, super. C’était littéralement la panique à bord dans ma tête. On n’avait rien à se dire. Ou alors beaucoup trop de choses, peut-être, je n’en savais rien. Moi, je n’avais rien à lui dire. Pourquoi c’était aussi bizarre, par le slip de Merlin ?!

Pourquoi ne m’annonçait-il pas qu’il avait à tous les coups raté ses B.U.S.E, et qu’il n’avait même pas besoin d’attendre les résultats pour savoir qu’il n’avait pas eu son année ? Pourquoi ne me racontait-il pas une énième connerie qu’il avait faite ? Pourquoi ne me balançait-il pas une remarque sarcastique sur le fait que j’étais tirée à quatre épingles ? C’était quoi, son problème ?

Bien évidemment, il n’avait sûrement aucune idée d’à quel point j’étais en train de péter un plomb. Car je gardais mon sang-froid, en apparence, le visage fermé et les épaules droites, le regard balayant la pièce avec un intérêt feint – mais en réalité, je n’avais qu’une envie : qu’on vienne me sortir de là !

- T’es jolie, aujourd’hui !

Attendez, quoi ?

C’était quoi, son problème ?!

Il avait déjà bu, ou quoi ? Comment pouvait-il me balancer une phrase comme celle-ci, sans la moindre pression, alors qu’il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis mon arrivée ? A quel moment s’était-il mis à me complimenter ? Il se foutait de ma gueule ?

Il fallait que je garde mon calme. Péter les plombs maintenant, ce serait du suicide. Il fallait absolument que je reste maîtresse de la situation, j’en étais capable. Et j’allais le lui prouver. Il ne me déstabiliserait pas aussi facilement, parole de Pond.

Je m’apprêtais à lui lancer un « Je sais » empli d’assurance, suivi d’un petit sourire confiant, les yeux brillant de malice. C’était ça, le plan. J’allais le faire. J’allais y arriver, je le pouvais. Du moins, j’en étais persuadée, mais je fis une grave erreur qui compromit aussitôt ce que j’avais prévu de répondre.

Machinalement, je tournai la tête vers lui pour lui répondre, les lèvres entrouvertes, prête à lui balancer ma fierté inébranlable dans la gueule qui permettrait, par la même occasion, de détendre l’atmosphère. Là était ma faute. De débutant, qui plus est. J’aurais dû parler avant de le regarder. Pas l’inverse. Bordel.

Parce que la réaction que j’eus au moment précis où mon regard entra en contact avec ses yeux verts – si clairs et si innocents… – fit complètement tomber mon plan à l’eau. Et j’allais m’en vouloir pour ça, probablement pendant de longues années.

J’avais évité ce regard pendant des semaines. Des semaines sans le voir, à tel point que j’avais presque oublié les détails de son visage, mais plus précisément de ses iris, de ses cils recourbés, de la façon qu’il avait de légèrement froncer les sourcils lorsqu’il sentait qu’il avait fait une connerie. Je remarquai à peine qu’il avait les deux mains enfouies dans sa tignasse tellement j’étais subjuguée.

Le souffle coupé, je me sentis rougir, fautive. Fautive de ma bêtise, fautive de ma faiblesse à ne pas avoir su garder mon irréprochable carapace plus longtemps.

Ce que je devais avoir l’air bête, ainsi. Figée, la bouche entrouverte, les joues rougies. Cet instant me sembla durer une éternité, mais en réalité, il n’avait dû durer que quelques secondes. Mais le pire était encore à venir.

- Ah… Merci.

J’
avais balbutié.

Moi, Sidney Jane Pond, n’avais non seulement pas réussi à garder mon sang-froid et à me tenir à mon plan, mais en plus, avais balbutié telle une vulgaire gamine gênée. Désarçonnée par un compliment.

Des compliments, j’en recevais souvent. Des regards admiratifs, des regards emplis de jalousie, des remarques charmantes et charmeuses, des remarques embarrassées ou lourdingues. J’y étais complètement hermétique. Elles me glissaient sur la peau ou me passaient trois pieds au-dessus de la tête, d’habitude. Mais là, il eut fallu que mon ami d’enfance me sorte une phrase aussi banale que « Tu es jolie, aujourd’hui » pour me faire flancher ?!

Je sentis mes lèvres trembler alors qu’elles tentaient, en dépit de ma volonté, d’esquisser un sourire. Mon corps s’activait sans tenir compte de ce que je voulais ? Que m’arrivait-il ? Etais-je malade ? M’avait-on lancé un sort à mon insu ?

Je m’arrachai – difficilement – au regard captivant de Tim pour me foutre deux claques mentales. Soudainement, je repris les commandes, m’emparant à nouveau de mes facultés. Je m’éclaircis la gorge, tapai un coup sur la table en me levant plus ou moins brutalement, et tournai la tête vers Lennox, prenant soin cette fois-ci de regarder partout sauf dans ses yeux.

Ma voix me fit hérisser les poils.

- Tu veux boire quelque chose ? Une bièraubeurre ? Très bien, je vais nous chercher ça.

C
e n’était pas moi qui avais parlé. Ce n’était pas possible. Jamais je n’aurais laissé la panique prendre ainsi le dessus, m’animant tel un pantin à la voix suraigüe et au débit de parole bien trop rapide pour être serein. Il fallait que je m’en aille d’ici, je devenais folle. Direction St Mangouste.

Je me frayai un chemin avec empressement vers les toilettes. Le chemin de la honte. Une fois hors de vue, je me laissai tomber sur le carrelage froid, désemparée. Il fallait que ça cesse, je perdais complètement le contrôle.

Respirant un coup, je me relevai lentement et me hissai devant le lavabo. Je me passai un coup d’eau fraîche sur le visage, avant d’entrer en longue conversation télépathique avec mon reflet, tentant de me remettre les idées en place et de me convaincre que je pouvais me remettre sur pieds. Et pour me le prouver, j’allais nous chercher deux bièraubeurres, j’allais retourner m’asseoir en compagnie de Tim, et j’allais savourer ma boisson comme au bon vieux temps, détendue et prête à rire. Un verre entre deux amis, que c’était. Rien de plus. Facile, non ?

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Sam 21 Juil - 1:45



"De rien. D'ailleurs, je suis pas mal non plus."

AH. Enfin une connerie à dire. Histoire de détendre un peu l'atmosphère que je sens, bien malgré moi, quelque peu tendue. Je lui adresse un sourire, une façon plus ou moins subtile de préciser que cette phrase n'est qu'une énième bêtise de ma part et que je ne pense pas un mot de ce que je dis. Encore moins aujourd'hui alors que je suis submergé dans du pipi de nuages. Après, elle ne semble pas très tendue. D'habitude, elle ne m'aurait pas remerciée pour ce genre de remarques. Certes, je ne lui adresse pas souvent ce genre de remarques, mais j'imagine sans mal qu'elle me réponde plus probablement avec un "ferme donc ton clapet, lennox" ou un "je sais, maintenant bois et tais-toi" plutôt que par un timidissime "merci" et ce que je crois discerner comme un teint de pivoine. Sans doute la chaleur, à moins qu'elle ne soit réellement gênée par mon compliment et qu'elle ait peur de se laisser emporter à nouveau, au risque que la discussion dégénère comme l'autre fois, dans les cuisines. Autant ne pas trop me faire remarquer pour l'instant, mon regard prend les devants à relativement se perdre dans le vide, ma bouche suit en adoptant une moue mi-boudeuse, mi-innocente. De temps en temps, je croise le regard de mon amie à la chevelure enflammée qui semble passablement mal à l'aise. Par conséquent, à chaque fois que je le remarque, je ne peux m'empêcher de lui adresser un sourire, histoire de lui faire comprendre qu'il n'y a pas à avoir de quelconque malaise entre nous. Et que s'il y en a un, que je suis juste assez mature pour que l'on puisse en parler.

Elle se lève d'un trait, comme si elle avait décidé de partir en trombe sans demander son reste. Seulement, ce n'est pas le cas, et elle annonce qu'elle part chercher des bièraubeurres. Encore une fois, j'éprouve de sérieuses difficultés à la regarder dans les yeux, comme si elle espérait devenir invisible à force de ne pas croiser mon regard. Je n'ai même pas de temps pour lui répondre ou la remercier de prendre la commande pour nous deux qu'elle disparaît de l'autre côté du bistrot, vers les toilettes pour dames. Je me retrouve par conséquent seul à notre table, attendant patiemment que la jeune demoiselle qui m'aura invité refasse son apparition. Mes doigts commencent à pianoter sans rythme distinctif sur le bois de la table, un geste qui trahit ma légère impatience et ma grande soif. Je commence à sérieusement me demander si Sid est vraiment allée aux toilettes pour se "soulager" et pas plutôt pour m'éviter. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer de la mettre à l'aise, même si je dois bien avouer que je ne suis pas moi-même tout à fait détendu. Mais j'essaie de faire avec. Si je n'étais pas sûr d'être vu comme le pervers suprême de l'Ecosse magique, j'irais voir si elle va bien. Mais vu que je ne désire en aucun cas être arrêté pour de sinistres raisons, je préfère m'abstenir et attendre qu'elle revienne et qu'elle commande les boissons. D'ailleurs, la voilà qui arrive, fraîche et pimpante. Je la vois commander les deux pintes, attendre un court instant et s'en aller nous les apporter sur la table. Elle semble passablement plus calme que lorsqu'elle est partie. Je ne saurais dire si c'est une façade ou si elle s'est vraiment détendue. En tout cas, pour l'instant, j'ai trop soif pour le deviner. Je lui adresse un sincère sourire de remerciements.

"Merci, Serpent !"

Après avoir lutté une bonne seconde après qu'elle ait posé ma chope, je ne peux m'empêcher de porter celle-ci aux lèvres, en absorbant avec délectation une généreuse gorgée du sublime breuvage qui laisse une magnifique moustache blanche que je n'essuie pas, à dessein. Histoire d'avoir l'air ridicule. Histoire de détendre l'atmosphère, un petit coup. N'ayant pas vraiment d'éléments de comparaison, je ne peux dire si la bièraubeurre est meilleure aux Trois Balais qu'ailleurs. Ce dont je suis sûr, c'est qu'elle est vachement bonne ici. Je repose la pinte de bièraubeurre sur la solide table en bois et y pose les coudes, faisant de mes deux mains un magnifique réceptacle pour ma tête fatiguée. Je regarde la jeune rouquine.

"Alors, tes BUSE ? Excellent ou Excellent ?"


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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Lun 23 Juil - 22:31


M’asperger le visage d’eau avait semblé faire son effet. J’avais à nouveau les idées en place, ma légendaire détermination était de retour ; en somme, j’étais prête à retourner sur le ring. Oui, parce qu’il s’agissait d’un combat, à mon sens. Contre moi-même. Et je comptais bien gagner.

C’est ainsi que je regagnai ma place, les bras chargés de deux pintes. Je répondis à son sourire brièvement, ne me laissant pas distraire, cette fois. Ma raison avait repris le dessus, il était hors de question qu’elle se fasse la malle une fois de plus.

Le bougre ne tarda pas à goûter à son breuvage qui lui laissa une merveilleuse trace sur la moustache, avant d’oser mettre sur la table le sujet à éviter s’il ne voulait pas me mettre en rogne.

Alors oui, j’avais réussi mes B.U.S.E, évidemment. Enfin, j’en étais persuadée. J’attendais simplement les résultats avant de crier victoire haut et fort. De toute façon, autant ne pas se voiler la face : j’allais râler dans tous les cas, car j’y trouverais quelque chose à redire. Une note pas assez satisfaisante à mes yeux. C’était inévitable.

Le problème n’était donc pas là. Le souci, c’était que Tim m’avait bien confié son intention de retaper son année, ainsi que son niveau de je-m’en-foutisme qui, ma foi, avait atteint des sommets. Sans doute un manque de vigilance de ma part… Je n’allais pas le lâcher d’une semelle à la rentrée.

Le fait qu’il ose donc aborder ce sujet alors qu’il m’avait explicitement fait comprendre qu’il avait abandonné l’idée de réussir bien avant la période des examens me paraissait imprudent. Gonflé, même. Mais le moment était mal choisi pour me mettre en colère, aussi je décidai – avec un léger pincement au cœur – de ne pas tenir compte de sa maladresse et de laisser couler.

Je balayai sa phrase du revers de la main.

- Ce n’est pas important. Tu sais ce qui est important ? C’est l’affront que tu viens de me faire.

D
e grands yeux outrés vinrent ponctuer ma phrase, histoire d’ajouter un petit peu de suspense à mes paroles. Je m’accordai le droit de le regarder en face le temps d’une seconde, parfaitement maîtrisée, histoire de ne pas flancher. Je n’allais pas jouer avec le feu dès à présent, mon pétage de plomb était beaucoup trop frais. Je verrais bien jusqu’où je pouvais aller plus tard, ça n’urgeait pas. Ce qui urgeait, en revanche, c’était que je poursuive mon discours, parce qu’il avait l’air de s’impatienter, le petit.

- Tu as bu sans trinquer. Comment as-tu pu, Lennox ?!

E
squissant un sourire, j’entrechoquai nos chopes, les faisant tinter. J’adressai un clin d’œil à Tim au passage avant de porter mon verre à mes lèvres, me délectant de son goût amèrement sucré.

- Je ne savais pas que tu te laissais pousser la moustache… Je te préfère sans.

E
t un petit rire dosé avec soin pour détendre l’atmosphère.

Maintenant que j’y pensais, il est vrai que j’avais rarement vu Tim avec des poils sur le visage. Voire jamais, tout bien réfléchi. Je tentai de visualiser mentalement ce que ça donnerait, et cette image me fit froncer les sourcils. Non, ça n’allait pas du tout. A moins que… Quelques poils parsemés sur les joues pour mettre en valeur sa mâchoire déjà bien dessinée, ça le rendrait tellement sexy… Oh, que dis-je, il n’avait pas besoin de ça pour être séduisant.

Attendez, quoi ?

Qu’est-ce que je me mettais à penser, moi ? Mes hormones me jouaient des tours ? On m’avait à tous les coups lancé un sort, je ne voyais pas d’autre explication, cette théorie devait être la bonne.

Je remarquai enfin que pendant toute ma visualisation, j’avais gardé les yeux rivés sur Tim, concentrée sur ses traits. Me reprenant, je secouai la tête alors que je sentais mes joues reprendre une teinte cramoisie. C’était quoi, cette nouvelle manie que j’avais, à rougir de la sorte ? Et puis pourquoi j’avais aussi chaud ?

C’est vrai que sa mâchoire prononcée lui donnait un petit quelque chose… d’animal, presque. Il en imposait. Et puis, à côté, y avait son pull un peu trop grand qui lui donnait cet air de garçon sensible. Ce contraste n’allait pas à tout le monde, mais à lui, ça lui seyait plutôt bien. De toute façon, j’avais toujours pensé, dans un coin de ma tête, qu’il était beau garçon. Mais de là à en avoir chaud… Sidney, arrête de penser à ça, par Salazar !

Je me passai une main dans les cheveux, gênée comme je ne l’avais jamais été. Tournant la tête sur le côté, je fis mine d’observer les quelques clients au bar, sirotant ma bière pour me donner une contenance. Je n’étais pas sortie de l’auberge, moi…

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Timothy K. Lennox

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Lun 23 Juil - 23:33



Au moment de porter une seconde fois ma pinte à la bouche, Sid, qui élude ma question comme si la réponse était après tout évidente (et elle l'est, forcément), décide d'insinuer que j'ai commis un affront envers elle. Quoi donc ? Je n'en ai aucune foutue idée. Et me voilà, les yeux bovins, mes lèvres enfoncées dans la mousse de ma bièraubeurre, mon attention pendue aux siennes. Un silence s'installe pour être brisé aussitôt par l'intéressée, la soi-disant lesée du jour. J'ai oublié de trinquer. Ah merde. J'oublie tout le temps. Ce n'est pas forcément de ma faute, c'est surtout que lorsque j'ai vraiment soif, je ne pense pas aux petits détails. Et puis, peu de chances que j'essaie de l'empoisonner : pourquoi, par conséquent, nous forcer à entrechoquer nos chopes ? Me sentant un peu bêta, je dirige ma chope vers celle que me tend la rouquine, puis la ramène vers moi dès que nous avons trinqué. J'ai toujours une belle moustache de mousse sur le visage, que je me refuse à ôter malgré la malsaine envie de la laper, sentant les minuscules bulles éclater sur mon duvet de jeune adolescent. Pas rancunier, elle me sourit et me fait un clin d'oeil. Quant à moi, je lève mon verre et lui souhaite la santé comme un bon Ecossais.

"Sláinte !"

Sans même m'en rendre compte, je me rends compte que je dois de plus en plus lever le coude pour boire une généreuse gorgée. Je bois trop vite, et même si la bièraubeurre n'a rien à voir avec le traditionnel whisky au niveau potentiel de biture express, je ferais mieux de me calmer. Ou la prochaine fois que je me lèverai, je risque d'avoir un sacré rush qui me soufflera dans les narines. En même temps, je suis issu d'une famille de bons vivants, et je me console en disant que ce n'est pas comme si, justement, je me torchais la tronche avec un whisky de l'île de Mann. Je repose, en faisant un bon bruit de choc, ma chopine sur la table, évitant de peu de me ridiculiser devant la princesse avec un beau rot sorti des entrailles de l'Enfer. Ma moustache vient de disparaître, emportée par la gorgée de bièraubeurre que je viens de boire. Ce n'est pas grave, ma chère interlocutrice vient de me faire comprendre que ça ne m'allait pas. Je retourne à ma position initiale, la tête dans mes deux mains. Je regarde longuement Sid, qui semble quelque peu perdue dans ses pensées. En tout cas, plus que d'habitude.

A vrai dire, elle ne semble pas forcément très en forme. Je ne saurais dire s'il y a véritablement un problème maintenant. Peut-être est-elle juste quelque peu anxieuse quant à l'obtention des BUSE, espérant obtenir les meilleures notes partout. Tout cela expliquerait pourquoi elle a éludé ma question de tout à l'heure. Ca ne ressemble pas vraiment à de l'anxiété, à vrai dire, plus à une sorte de malaise refoulé. Toutefois, elle ne cesse pas de me regarder. Peut-être a-t-elle juste le regard dans le vague et qu'elle pense totalement à autre chose. Ou alors elle pense très fort à moi. C'est flatteur, de penser ça. Mais ce n'est pas forcément probable pour autant. Je me prends alors à bouger un tout petit peu sur la droite, comme si je ne le faisais pas exprès, pour voir si elle suit le mouvement. Elle me suit. Essayons avec un petit mouvement discret à gauche. Elle suit aussi. Puis elle secoue subitement la tête et son regard va se perdre ailleurs, sur les clients de l'établissement et les murs de celui-ci. Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant son comportement quelque peu étrange mais, finalement, plutôt attendrissant. Buvant une nouvelle gorgée, je ne peux que difficilement réprimer un rictus. Honnêtement, et depuis longtemps, je me demande ce qu'elle pense. C'est une fille intéressante, après tout. Et elle ne manque pas de qualités, faut admettre : elle est jolie, elle est intelligente, et puis sa façon tantôt hautaine, tantôt sympa, ça lui donne de la profondeur. Je rebois un coup. Faut que je fasse attention, y a presque plus de bièraubeurre. Au pire, la prochaine est pour moi.

Faut quand même que je fasse un peu attention. Je n'ai pas l'habitude de me rendre tipsy, mais le peu de fois où ça m'est arrivé, j'ai perdu assez mes inhibitions pour dire des conneries. Du moment que je les pense, seulement, ça devrait passer. Et puis, après, bon, ce n'est pas grave si je picole un peu ce soir. Après tout, les examens sont terminés, je suis avec une bonne amie et le Serpent le plus cool de Poudlard et j'ai assez de mornilles pour m'assurer une bièrraubeurre toutes les demi-heures. Donc, peut-être que je devrais plutôt penser à me détendre. Ce n'est pas comme si je devais prendre le balai pour rentrer, en plus. Cela dit, ça pourrait être super marrant ! Imaginez faire du balai bourré ! En plus, c'est rigolo, dit comme ça, "balai bourré". Ca pourrait presque être un nom d'enchantement, "balai bourré".

Oh ! Focus !

Je me rends compte que ma chopine est vide. J'ai tout bu. Tout ça pendant que je divaguais. J'ai bu un peu trop vite, ça me monte un peu à la tête. Une dizaine de minutes sans rien boire devrait ramener les choses directement à la normale. Je repose mes yeux sur la pauvre fille qui est obligée de supporter mes divagations et d'attendre que j'en sorte. Après, si elle s'ennuyait, elle aurait pu soit me secouer un peu pour que je revienne à moi, soit elle aurait pu partir. Ce n'est pas le genre de personnes que ça dérange, de faire ça. Après, je n'aurais pas été très content. Ah, sacré Sid. J'espère qu'on pourra se voir un peu, même si je suis obligé de retaper ma cinquième année. Et puis, j'espère aussi qu'on pourra s'organiser une soirée entre amis pendant l'été, même si, là où elle habite, ce n'est pas juste à côté de Dundee. Surtout du Dundee moldu.

"Tu sais que tu vas me manquer pendant les vacances, rouquine ? D'ailleurs, tu comptes faire quoi en attendant la rentrée ?"


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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mar 24 Juil - 0:32


Les yeux dans le vague, un air on ne peut plus innocent sur le visage, il fronçait les sourcils, très imperceptiblement, reflétant une réflexion intérieure que je ne pouvais deviner. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, laissant passer son souffle que je m’imaginais chaud et doux. Un peu comme une bièraubeurre.

Un petit sourire en coin vint moduler sa bouche, me faisant frissonner. Ce qu’elle pouvait être fascinante, cette bouche. Ce qu’elle avait l’air agréable au toucher, aussi… Délicate et tendre, mais ferme. A l’image de son visage aux traits si fins et à la mâchoire marquée. Mâchoire qui, à mon plus grand dam, avait tendance à se cacher derrière sa chevelure brune. Je pourrais me perdre dans ces cheveux, tellement ils avaient l’air d’être accueillants. J’étais d’ailleurs prête à parier qu’ils sentaient bon… J’imaginais déjà ce parfum suave, savoureuse fragrance boisée aux notes finement sucrées.

Tiens, ma chope était vide. Déjà ? J’en étais donc à un litre de boisson. Ma parole, je ne l’avais pas senti venir, ce coup-ci. C’était peut-être pour cette raison que ma perception était quelque peu floutée. Zut, je m’étais laissé aller. Si je continuais sur cette pente, toutes mes barrières tomberaient une à une.

Sa voix me fit revenir à la réalité, et je me rendis compte que je le regardais intensément depuis un sacré bout de temps. J’avais un réel problème…

Tentant de ne pas me démonter outre mesure, je haussai les épaules pour toute réponse, préférant ne pas piper mot pour l’instant. Tant que l’alcool n’était pas redescendu un peu, je ne prendrais pas le risque que ma parole me trahisse.

J’allais lui manquer. C’était nouveau, ça. Pourquoi il me disait ça ? Ce n’était pas comme si on n’allait pas se voir de tout l’été. La preuve, on était à l’instant même en train de boire un coup ensemble. Et puis bon, il avait l’habitude de passer me voir pendant les vacances, et même si ça faisait assez loin de chez lui, il y avait toujours la poudre de cheminette. Il n’aurait qu’à venir à la maison, et on passerait le temps dans ma chambre ; je lui foutrais une raclée aux Echecs versions Sorciers, bien évidemment ; on s’occuperait de nos balais respectifs ; on irait faire un tour histoire de voler au-dessus des arbres et s’entraîner au Quidditch. Rien de nouveau, quoi.

Et puis on mangerait les fabuleux cookies de ma mère en foutant des miettes sur mon lit, vu qu’il n’était pas capable de grignoter sans en mettre partout.

Sur mon lit.

Hum, en voilà, une pensée intéressante. Il pouvait se passer plusieurs choses, sur un lit. Comme par exemple ce qu’il s’était passé dans ce rêve que j’avais fait la nuit dernière, et qui m’avait obsédée pendant une dizaine de minutes à mon réveil, avant de se perdre dans les méandres de ma mémoire, occupée comme je l’étais. Ce rêve aux contours vagues, mais tout de même assez marquant pour que le souvenir des sensations me fasse hérisser les poils…

J’aurais bien voulu me rappeler de qui j’avais rêvé. Tout ce dont je pouvais être sûre, en me concentrant du mieux que je pouvais, c’était qu’il s’agissait d’un homme. Un homme aux mains délicates, dont les jointures blanchissaient lorsqu’il serrait les doigts ; un homme à la chevelure enivrante, dont les mèches couraient dans mon cou. Un homme sensible au fond farouche.

Un soupir s’échappa de mes lèvres alors que je me remémorai malgré moi les quelques détails qu’il me restait de ce rêve. Mais mon regard croisa un détail bien réel qui me frappa de plein fouet.

Deux mains posées sur la table, l’une jouant avec l’anneau qui ornait l’autre. Un anneau noir, au majeur, que Tim faisait tourner autour de son doigt d’un air désinvolte. Mes yeux firent le chemin de ces mains à leur propriétaire, hébétés, terminant leur course sur son visage.

C’était lui.

Dans mon rêve, c’était lui !

Bordel de merde, par le slip de Merlin !

Les images précises de la nuit précédente inondèrent mon cerveau sans que je ne puisse les arrêter, et je sentis ma respiration s’accélérer alors que ma poitrine semblait s’être enfermée dans un étau. De l’air. Il me fallait de l’air. Ou à boire, qu’importe.

Je fermai les yeux, concentrant toute mon attention sur mon souffle. Je me devais de me détendre. Le fait que mon inconscient m’ait fait un aussi sale coup que de mêler mon meilleur ami à mes rêves les plus intimes était certes on ne peut plus fourbe, mais expliquait beaucoup de choses. Non, je ne fantasmais pas soudainement sur Tim ; je ne le trouvais pas non plus subitement attirant. J’avais juste rêvé de lui, un soir, malgré moi, et mon subconscient avait fait le reste. J’étais saine d’esprit. Je n’avais pas pété un plomb. Tout allait bien, tout allait rentrer dans l’ordre, j’allais pouvoir le regarder à nouveau dans les yeux sans divaguer complètement.

J’ouvris les paupières courageusement. Mon angoisse était contrôlée, je maîtrisais la situation. Je me risquai alors à diriger mon regard vers mon ami.

C’est vrai qu’il était à croquer, n’empêche.

Au. Secours !

- Viens on va prendre un autre verre. Puis fumer une clope aussi. Histoire de prendre l’air un peu et discuter de nos projets de cet été ; fait chaud non ?

A
ussitôt dit, aussitôt fait, je n’avais pas attendu la réponse de mon camarade pour me précipiter à l’extérieur. L’air frais me fouetta agréablement le visage, et je sortis une cigarette de ma poche.

J’étais maudite, pensai-je alors que j’aspirai la fumée mortelle. Parmi toutes les personnes sur cette fichue terre, pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui hante mes nuits ?

Bon, d’accord, j’extrapolais un peu. Il s’agissait d’une nuit, et d’une seule. Du moins, à ma connaissance. Mais ça faisait déjà trop.

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Dernière édition par Sidney J. Pond le Mar 24 Juil - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mar 24 Juil - 1:43



Les vacances que je passe à chaque fin d'année à Poudlard sont les mêmes depuis mon arrivée à l'école de Sorcellerie. Je rentre chez moi, à Dundee, je retrouve le monde moldu que j'ai abandonné pendant presque toute une année, sans compter la trêve hivernale : mon téléphone portable, qui reste éteint sur ma table de nuit et qui prend la poussière (après tout, pourquoi l'emmener dans un endroit sans réseau et sans électricité ?) ; mon lecteur CD, avec le dernier disque que j'ai écouté la veille au soir de mon départ pour la reprise des cours. Je m'en vais retrouver des amis que j'ai laissés à Dundee. Si j'apprécie de passer du temps avec eux, il est hors de question que je leur dise la vérité. Donc, évidemment, je leurs mens. J'aimerais qu'il en soit autrement, mais leur dire me ferait passer pour un fou à leurs yeux. Au mieux, quelqu'un de loufoque. Je mange un festin préparé par mes parents et je joue au foot avec mes petits frères, qui sont heureux de me revoir (et c'est réciproque). Mais je dois avouer que le temps que je passe avec le Serpent fait partie de mes moments préférés pendant les vacances. Après tout, il n'y a vraiment qu'avec elle que je peux partager certaines choses ; mon appartenance au monde des sorciers en fait partie. Je pourrais tout raconter à mes parents, mais ils ne me comprendraient pas. Non pas qu'ils soient obtus, ils ont d'ailleurs plutôt bien accepté le fait que j'étais un sorcier. Non, c'est juste que le monde qui est désormais mon quotidien est un monde sens dessus dessous pour eux, où la logique bien moldue n'existe pas. Je ne peux pas trop leur en vouloir. Je fais avec. Sid, elle, connait bien mieux ce monde que moi. Elle connait plein de trucs bien mieux que moi, d'ailleurs. Elle est plus intelligente que moi, même si je fais attention à ne pas le lui dire trop souvent : sa tête est pile à la bonne taille, ce serait dommage qu'elle gonfle ! A vrai dire, chez elle, tout est bien proportionné ! Enfin, je veux dire... Non, mais non... Enfin si, mais je voulais pas dire *exactement* ce que je viens de penser. Enfin bref, je me suis compris et c'est tout ce qui compte.

D'ailleurs, la rouquine, malgré ses cheveux de feu, semble avoir du mal à supporter la lourdeur ambiante du bistrot dans lequel nous avons tous deux descendu en vitesse nos chopines. C'est bizarre, il ne me semble pas qu'il fasse trop chaud. Après, je suis encore bien trempé, même si ça a pu un peu sécher depuis que nous y sommes rentrés. Elle m'invite à ce que nous sortions et, sans même attendre une quelconque réponse de part, sort en trombe. L'alcool de la bièraubeurre lui est peut-être un peu monté à la tête ! C'est pas bien grave, c'est un peu mon cas aussi. D'ailleurs, quand je me lève pour la suivre, je ressens un sacré vertige, subit, et qui s'évanouit aussi rapidement qu'il est arrivé. Puis une grande vague de chaleur douce, quoiqu'un peu engourdissante. L'alcool et ses effets. Je m'appuie un bref instant sur la table puis sors rapidement la rejoindre, suivant un chemin quelque peu en zig-zag. Je pousse la porte du négoce et je la vois, une cigarette au bec, façon pin-up sanguine. Moi-même, je n'apprécie pas trop de fumer. Il m'arrive de m'adonner à ce vice lors de mes vacances à Dundee, avec mes amis qui, eux, voient cette chose comme un moyen parfait de s'intégrer. Ce n'est pas vraiment le cas à Poudlard : à vrai dire, le tabagisme est un fléau plutôt rare dans le monde des sorciers. Il me semble, d'ailleurs, que seuls les proches de moldus s'adonnent à ce vilain passe-temps. En ce qui me concerne, je n'y touche qu'en de rares occasions. L'une d'elles, c'est quand je suis un peu pompette. Ca tombe bien, c'est ce que je suis. Mais je n'ai pas envie d'une cigarette entière, juste une bouffée suffira. Je me mets devant Sid et lui chipe la cigarette pincée entre ses lèvres. Les yeux rieurs, je l'agite devant elle.

"Tu sais que c'est pas bon pour toi, ça ?"

Comme j'ai tendance à être un homme plein de contradictions, je porte ladite cigarette à mes lèvres et en aspire une généreuse bouffée. Etant donné que je ne suis pas spécialement un gros consommateur de tabac, la fumée qui entre doucement dans mon système respiratoire me pique la gorge, sans que je ne sois pour autant forcé de tousser. Une fois mon méfait accompli, je tends la cigarette au Serpent qui se charge de me la reprendre des doigts. Puis je lève la tête et recrache la fumée en l'air, pour éviter d'asphyxier davantage Sid. Le léger vent qui souffle vient s'engouffrer dans mes vêtements encore humides, et je ne peux m'empêcher de frissonner, bien que la température soit tout à fait acceptable. Au moins, il s'est arrêté de pleuvoir. Peut-être une ou deux goutelettes qui tombent de temps en temps, mais rien d'alarmant en soi. D'ailleurs, cela me fait penser que Sid a oublié son parapluie à l'intérieur. Ce serait bête qu'elle l'oublie; surtout si le ciel se décide à nouveau à pleurer toutes les larmes de ses nuages. Je rentre à nouveau dans le pub pour en ressortir presque aussitôt, le parapluie dans mes mains. Loin d'être avare en comportements exubérants, je commence à dandiner comme un idiot, utilisant ledit parapluie comme ma canne, me prenant pour une sombre contrefaçon de Charlie Chaplin. Me rendant compte que le fait que j'imite un acteur de films muets donnerait l'occasion à Sid de me forcer à la fermer une bonne fois pour toutes, je m'abstiens de continuer et lui rends sa possession. D'ailleurs, je me demande comment elle va depuis que nous sommes sortis.

"Ca va, rouquine ? Tu n'as plus chaud ?"

J'admire à nouveau les goûts de Sid en matière de mode casual, bien que ça me semble un peu chaud pour la saison, même en Ecosse. Il est vrai qu'elle est vraiment bien habillée, même pour un jour normal dans un lieu normal avec une personne normale. Elle a, comme qui dirait, une façon bien à elle et assez efficace de se parer et de parer celles et ceux qui l'accompagnent. Je me sens toujours quelque peu haillonneux à ses côtés. Et puis, ce ne sont pas tant les vêtements qu'elle porte que la façon dont elle-même se porte qui lui donne un certain charisme. Oui, c'est vrai, elle a du charisme. Du chien, même. Enfin bref, j'arrête de la reluquer avant de reposer mes yeux sur son visage emmitouflé dans son nuage de fumées toxiques. J'attends patiemment qu'elle finisse sa cigarette avant que nous décidions de la suite des hostilités. En ce qui me concerne, je ne serais pas contre une autre bièraubeurre. Après tout, il n'est même pas encore 18 heures 30, ce serait bête que nous ne nous en arrêtions là.

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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mar 24 Juil - 22:45


La fumée me faisait du bien, quoiqu’en dise l’autre abruti. Abruti qui ne se fit pas prier pour me prendre mon poison de la main et y goûter. Quel imbécile… J’esquissai un petit sourire malgré moi avant de lui reprendre ma cigarette. J’eus à peine le temps de tirer une latte que le voilà déjà reparti à l’intérieur.

L’air frais m’était bénéfique. Peut-être l’alcool m’était-il trop vite monté à la tête. Mais je reprenais le contrôle de mes pensées, lentement mais sûrement. Je serais même bientôt prête à reprendre une pinte, histoire de poursuivre la soirée dans la bonne humeur !

Rho et puis zut, je n’avais pas envie d’être prudente, ce soir.

Après tout, je n’avais pas une fois relâché la pression depuis les B.U.S.E. J’étais restée chez ma mère, à rien faire de bien excitant, retrouvant mon cocon, ma zone de confort. Il était grand temps que je me lâche quelque peu.

Et c’était pour cette raison précise que lorsque Tim revint, mon parapluie en mains, et me demanda si j’avais toujours chaud après avoir fini de faire le mariol, que je lui lançai un regard profond avant de me lancer :

- Si, je meurs. J’aurais dû mettre un truc plus léger. Tu veux que je te fasse une confidence ?

J’
aspirai une bouffée de cigarette histoire de me donner un côté mystérieux avant de me pencher doucement vers lui, mes lèvres près de ses oreilles. Détachant bien mes mots, je murmurai, tentatrice :

- J’ai tellement chaud que je rêve d’enlever mon pull. Mais… Je n’ai pas encore assez bu pour ça.

M
e retenant d’éclater de rire, je repris ma place – et une latte au passage – avec un petit sourire en coin. Si je ne pouvais faire taire mes hormones, alors j’allais les laisser parler, mais avec maîtrise. Sidney was back on the game, my sweethearts.

La braise manqua de me brûler les doigts. Lâchant le mégot, je l’écrasai du bout du pied avant d’adresser un signe de tête à mon compagnon d’infortune. Que j’élèverais bien au rang de compagnon de nuit, soit dit en passant. Mais c’était un détail qu’il n’avait pas besoin de connaître, d’autant plus que je n’avais pas l’air d’être tout à fait d’accord avec moi-même à ce sujet.

Parce qu’une partie de moi mourrait d’envie de prendre Tim par le bras et de l’emmener dans un coin isolé pour lui faire des folies que je ne vous décrirais pas ici. Alors qu’une autre partie de moi s’égosillait que si j’avais de telles idées, c’était uniquement à cause de mes hormones en feu et du fait que je n’avais pas vu Smith depuis un sacré bout de temps. Rien à voir avec Tim, en somme. Mais la première partie de moi évoquée juste avant clamait que tout avait justement à voir avec Tim, et que c’était lui que je désirais pour la simple et bonne raison qu’il était canon, par la barbe de Merlin !

Smith. La voilà, la solution ! Je n’avais qu’à aller le voir, je m’en porterais bien mieux, et je pourrais enfin chasser ces pensées incongrues de mon esprit une bonne fois pour toutes.

Ou alors me rendre compte que c’était bien Tim, l’objet de ma convoitise.

Mille Gorgones, il fallait que je lui envoie un hibou au plus vite ! Et je jurais beaucoup trop pour être complètement sobre, d’ailleurs.

Je disais donc que j’adressai un signe de tête à mon compagnon d’infortune. Que j’élèverais bien au rang de – attendez, non, on se concentre, on n’va pas refaire le même schéma de pensée une fois de plus ; j’allais finir par me perdre définitivement dans mon bordel. Signe de tête, donc, pour lui signifier qu’il était temps pour nous de regagner le bar. J’ouvris donc le chemin, lui tenant cette fois-ci la porte pour le laisser passer, avant de me tourner vers lui, tout sourire :

- Bon, c’est ta tournée, du coup ? J’ai soif, moi !

J
e lui lançai un clin d’œil entendu avant de regagner ma place. Si ma première bièraubeurre ne m’avait pas donné le courage que j’espérais avoir il y a une petite heure, la deuxième m’avait vite rappelé que ce n’était pas parce que je ne sentais pas les effets de l’alcool qu’ils n’étaient pas présents. Tant pis, on avait dit que c’était l’heure du lâcher-prise.

Par conséquent, c’était l’heure de boire.

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Timothy K. Lennox

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mer 25 Juil - 0:14



Je ne m'empêche pas de sourire quand elle me glisse à l'oreille qu'elle aimerait enlever son pull mais qu'elle n'est pas encore assez désinhibée pour ça. Ca me fait même plutôt rire, sur le coup. Toutefois, je me rends compte quand elle esquisse ce rictus joueur que ce n'est peut-être pas totalement une blague, pour le coup. A vrai dire, elle semble aussi sérieuse que joueuse. A ce moment, mon esprit vacille entre un certain étonnement et un côté beaucoup plus... intrigué. Viendrait-elle de me draguer, d'un coup ? Je conçois que l'alcool soit plus ou moins responsable dans ce comportement-là, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle se sente si libérée, surtout en ce qui me concerne. L'idée ne me déplaît pas, soyons clairs là-dessus. Je l'ai toujours trouvée très jolie, d'autant plus quand elle a commencé à prendre ses formes de femme à un moment où nous nous connaissions déjà depuis un bon bout de temps. Et puis, côté écossais oblige, j'ai toujours eu un petit faible pour les rousses. Je triture mon anneau au majeur et, sans même m'en rendre compte, je finis par plisser les yeux et je réfrène de justesse l'envie de me mordiller la lèvre. Quitte à ce que nous flirtions ce soir, que cela ait des conséquences ou pas pour la suite, je ne tiens pas à me dévoiler tout de suite. Après tout, il se pourrait qu'elle me charrie et qu'elle se joue de moi, décidant de révéler le subterfuge dès que je me serais mis à ses pieds. Je suis un petit idiot, certes. Pas un grand imbécile. Toujours intrigué par la proposition en sous-texte qu'elle m'a soumise, je ne peux m'empêcher d'avoir envie d'y répondre plus ou moins favorable. Là encore, en sous-texte, et avec un peu d'humour.

"Alors qu'est-ce qu'on fout là au lieu de boire ?"

La question est simple, et elle ne demande pas réellement de réponse de sa part. D'ailleurs, je n'ai pas besoin d'amorcer de mouvement qu'elle prend déjà les devants et rentre à nouveau dans le troquet après avoir jeté et écrasé sa cigarette. Je la suis de près, évidemment. Quand elle me demande si c'est à moi de payer, je lui fais signe de la main que c'est bel et bien moi qui dois m'en occuper. Je bifurque dès que nous sommes rentrés et me dirige vers le comptoir du bar. Une fois accoudé à celui-ci, je fouille dans la poche gauche de mon pantalon, à la recherche de mes satanées mornilles que j'ai tendance à enfouir si facilement au fond qu'elles peuvent en devenir introuvables. Suis-je heureux, alors, de retrouver quatre de mes préciseuses mornilles que je couche sur la table. Même pas besoin de lâcher un seul mot, la tenancière du débit de boissons me fait comprendre qu'elle a compris qu'elle devait nous servir la même chose que tout à l'heure. J'attends donc un court instant que les boissons soient prêtes à être dégustées. J'avance les pièces vers elles dès que les chopines sont à ma portée, puis je les emporte à la table à laquelle Sid est déjà assise. Je lui pose sa bièraubeurre devant elle et, pas méchant pour deux noises, pique un peu de la crème de sa bièraubeurre avant de la lui mettre sur le bout du nez. Puis, je pose à ma place ma propre boisson et m'assois à la place que j'occupais alors un peu plus tôt.

Alors que je vois nos deux chopes bien remplies et n'attendant qu'à être consommées, je me rends compte que nous pourrions rendre la dégustation de ces liquides davantage amusante, ludique. S'il m'est déjà arrivé de jouer à ce genre de choses avec des dragées surprises ou des bonbons plus... dangereux, dirons-nous, il ne m'est pas souvent arrivé de tenter le diable avec de quoi nous faire gagner une généreuse gueule de bois le lendemain. Et puis, ça peut être marrant de faire ça alors que nous sommes un tant soit peu désinhibés. Sans compter que nous pourrions l'être encore plus après la première manche. C'est à elle de voir si elle est partante. Au pire, je dirai d'être que c'est une mauviette et, sans nul doute, elle acceptera ma proposition de jouer à ce jeu.

"Et si on épiçait un peu tout ça ? Je te propose un jeu, que j'ai sobrement intitulé 'Je n'ai jamais'. Le but est simple, l'un d'entre nous dit une phrase qui commence par 'je n'ai jamais'. Par exemple, 'je n'ai jamais mis le feu à une serre de botanique'. Celui ou celle qui l'a déjà fait... boit. On a le droit de tout demander. Si on n'a pas envie de répondre à la question, on boit cul sec. Ca te tente ?"

Un grand sourire vient se dessiner entre mes deux oreilles. Je suis sûr que ça peut être assez amusant de mettre nos connaissances de l'autre à l'épreuve. Et je ne saurais dire pourquoi, mais je pense que je pourrais être très surpris parce que ce que je pourrais apprendre sur le Serpent. Je sors une troisième mornille de ma poche.

"Pile ou face ?"

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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mer 25 Juil - 0:51


- Face.

M
a réponse avait fusé sans que je ne puisse y réfléchir. Je cherchais à relâcher la pression, et Tim venait de m’offrir sur un plateau d'argent l’occasion rêvée de mettre ma prudence de côté. Aussi, dans un élan de témérité accentué par l’alcool, je lui saisis la pièce des mains et la fit voltiger avant de la rattraper et de la retourner dans ma paume, cachant le résultat avec un sourire espiègle.

Je pris néanmoins quelques secondes pour réfléchir aux instructions de son jeu. Moi qui voulais du challenge, j’étais servie. Tant pis pour mes barrières. Après tout, Tim était mon meilleur ami, bien que je gardais un nombre inestimable de secrets pour moi ; et innocent comme il en avait l’air, je ne me faisais pas trop de soucis quant à la nature de ses questions. Quoique, étant donné la remarque qu’il m’avait faite lorsque j’avais parlé d’ôter mon pull, je commençais sincèrement à douter de sa candeur…

Tant pis. Les dés étaient jetés – ou devrais-je dire, la pièce était lancée. J’avais sauté à pieds joints dans la cage à lutins, et il était hors de question de faire demi-tour. Ma fierté avant tout. Et puis, cela promettait d’être drôle. Alléchant, même. Tant pis pour mes barrières, j’avais dit. Il voulait en apprendre plus sur moi ? Eh bien, à sa guise. Il allait avoir de quoi faire.

Je révélai enfin la Mornille, qui était tombée sur… face. A moi donc d’ouvrir le bal. Riant un petit coup par le nez, je levai les yeux vers Tim, tenant bien sa pièce de monnaie entre mes doigts.

- Je remarque ta fourberie, Lennox. Cul sec si on ne veut pas répondre ? On boit des pintes, je te signale. Tu cherches à me dissuader d’éviter de tout étaler. Tu veux la guerre, hein ? Ainsi soit-il, tu l’auras. Tout ce que je dis, moi, c’est que mon côté Serpentard commence à déteindre sur toi…

J
e ponctuai ma phrase d’un clin d’œil, taquine. Puis, j’entrepris de jouer avec la Mornille, réfléchissant à la question que je pourrais bien lui poser. Au moment où je commençai à penser que je n’en avais aucune pour lui, une flopée d’idées m’envahit, et je ne sus que choisir.

Je pourrais, par exemple, dire que je n’avais jamais menti en disant que je n’en avais rien à carrer d’une fille. Mais c’était une mauvaise idée, ça remuerait le couteau dans la plaie, et je pensais sincèrement que lui comme moi n’avions qu’une envie, c’était d’oublier l’épisode des cuisines. Passons.

Ou encore, je pourrais jouer la carte du « je n’ai jamais été attirée par une fille depuis ma quatrième année », histoire de savoir s’il y avait eu d’autres filles dans son radar depuis cette cruche de Gallagher. Mais je doutais sincèrement qu’il ait envie de répondre à cette question, tout comme il n’aurait certainement pas envie de vider sa chope si tôt dans la soirée. Autant ne pas forcer dès le début, et commencer tranquillement. Ma curiosité insatiable attendrait.

Et puis qu’est-ce que j’avais à faire une fixette sur les nanas qui pouvaient lui plaire, moi ? En plus, j’aurais menti, parce que j’avais bel et bien été attirée par une fille en quatrième année. Mais ce n’était qu’un détail. Fallait que j’arrête mes conneries. Et surtout, que je me dépêche de trouver une question, pour qu’il puisse renchérir. J’avais soif.

Je me penchai lentement vers mon interlocuteur, les yeux brillant de malice, les lèvres tremblant d’impatience. On n’avait même pas encore commencé à jouer que je trépignais déjà !

Je pris mon temps avant d’ouvrir la bouche, prenant soin de moduler ma voix pour que mes mots sortent posément.

- Je n’ai jamais… eu d’arrière-pensées déplacées pour quelqu’un envers qui ce serait carrément bizarre.

S
ur ces mots, je posai la Mornille devant lui d’un geste ferme, avant de lentement diriger ma main vers ma chope. Voulant le mettre en confiance, je levai mon verre à sa santé, lui adressant un clin d’œil, puis bus une gorgée.

Je m’étais foutue dans de sacrées draps en avouant ça, mais tant qu’il ne savait pas de qui je parlais, mon honneur était sauf. Restait à voir si le sien allait l’être longtemps… Let the game begin.

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Mer 25 Juil - 1:25



Finalement, je n'ai même pas besoin de la supplier pour qu'elle accepte de me rejoindre dans ce jeu. De toute façon, c'est une challengeuse et les challengers adorent les défis pour peu qu'ils aient la possibilité de les remporter. Elle me prend la mornille des mains et s'occupe elle-même de décider, une bonne fois, qui posera la première "question". Car oui, ce ne sont jamais que des questions en sous-texte que l'on pose, dans ce jeu-là. La pièce s'envole, virevolte puis retombe dans les jolies mains manucurées de ma désormais incorrigible adversaire. Elle ne révèle toutefois pas le résultat tout de suite et, craignant une éventuelle tricherie, je ne quitte pas mon regard de ses mains. Après quelques secondes, elle décide, enfin, de dévoiler ce que le hasard a décidé pour nous. Elle commence. Celui ou celle qui commence, à ce jeu, à une tâche qui, selon moi, est importante : celle de mettre le brasier en marche, certes, mais également de poser une question un peu tiède, pas très intrusive, histoire que le jeu ne commence pas trop violemment. J'espère, même si elle n'a pas forcément la fibre empathique, qu'elle ne compte pas commencer avec une "question" si intrusive que je me retrouverais à devoir faire un cul-sec d'entrée de jeu. Il faut attendre que l'alcool enlève les barrières protectrices doucement, sans que quiconque ne fasse attention, avant de poser de telles questions. Alors qu'elle réfléchit à la première question qu'elle me posera, je commence à essayer de mettre, dans un coin de mon esprit, quelques questions qui me taraudent et auxquelles j'aimerais bien qu'elle réponde. Après tout, ce genre de moments, c'est bien choisi. Et elle a raison, d'ailleurs, j'ai envie que toutes les "questions" posées ce soir trouvent une réponse. D'où cette règle du cul-sec. Quand elle me le reproche, me comparant à un Serpentard, je lève le poing gauche, comme pour lui faire comprendre que je resterai à jamais un Aigle. Mais même les aigles peuvent se révéler fourbes...

Je n'ai jamais eu d’arrière-pensées déplacées pour quelqu’un envers qui ce serait carrément bizarre.

Quand j'entends la phrase, je ne peux m'empêcher de rire à gorge déployée, à la fois gêné et amusé par la question. Je suis même tenté, sur le coup, d'entretenir un doute et de poser des questions inutilement clarifiantes : "qu'est-ce que 'déplacé' ?" ; "bizarre ?". Mais je m'abstiens. A vrai dire, j'ai bien compris la "question". Car oui, tout est une question dans ce jeu-là. Elle-même prend sa chopine et boit une gorgée de son breuvage. Mes yeux se plissent sous le poids de mon interrogation. Je me demande à qui elle a déjà pensé de façon si "déplacée". J'aimerais croire qu'il y ait un peu de moi dans le clin d'oeil qu'elle m'adresse. C'est possible d'ailleurs, on traîne ensemble depuis un petit bout de temps. Moi-même, même si je ne lui ai jamais révélé, j'ai déjà eu quelques pensées pas très catholiques envers elle. Après tout, je suis un adolescent qui bourgeonne : ça n'aide pas, surtout quand l'objet de mes pensées est une rouquine avec de l'assurance et un goût parfait pour la mode de printemps. Je souris, et cette fois-ci, je n'arrive pas à empêcher que mes dents frottent contre ma lèvre inférieure. Je dirige ma main droite vers ma bièraubeurre et bois une gorgée de celle-ci avant de reposer la chope sur la table, tout en faisant attention à bien nettoyer la mousse qui s'est posée en forme de moustache sur ma lèvre.

C'est donc à moi de jouer, il me semble. Je ferme les yeux pour mieux chercher. Laquelle des phrases que j'ai réussi à trouver serait parfaite pour être la première ? Je pourrais lui poser des questions sur les cours ou sur des farces extrascolaires mais, soyons francs, je n'ai pas vraiment d'intérêt à apprendre ce genre de choses. Et je dois avouer, à demi-mots, que j'ai trouvé l'excuse de ce jeu pour avoir des réponses sur des aspects de sa vie un peu plus... intimes. L'avantage, c'est qu'elle peut en apprendre aussi pas mal sur moi, et ça nous place donc tous les deux sur un pied d'égalité. Dieu bénisse l'Ecosse et ce jeu à boire. Je me passe une main dans les cheveux, comme si ça me donnait plus d'énergie pour réfléchir. Puis je rouvre les yeux. Je pense avoir trouvé.

"J'ai jamais fait de choses... déplacées... avec un camarade de Maison."

Je laisse le silence se poser un court instant, puis je tends la main vers ma chope. Puis je pose celle-ci juste à côté d'elle. Force m'est d'admettre que je n'ai pas fait ce genre de choses. D'ailleurs, ni avec une Serdaigle, ni avec une Gryffondor, ni avec qui que ce soit des deux autres Maisons non-citées. Toutefois, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si mon interlocutrice à la chevelure enflammée a déjà fait ce genre de folies. Je la regarde, puis dérive sur sa chope. Puis je la regarde à nouveau, en haussant un sourcil malicieux.

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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Jeu 26 Juil - 11:50

Il se mordit la lèvre, me faisant vriller. S'il continuait ainsi, j'allais finir par me jeter sur lui. Et je ne donnais pas cher de sa peau.

Chassant mes pensées "déplacées" de mon esprit, je repartais mon attention sur ses gestes. Par Merlin, il avait bu. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'en avalant une simple gorgée de bièraubeurre, il avait déclenché en moi une curiosité monstrueuse que je ne me sentais pas capable de réfréner ce soir là. Nous n'avions jusqu'alors jamais abordé nos vies intimes respectives, posant malgré nous une barrière à ce que l'on pouvait ou nous on se confier. Mais à présent que la vanne était ouverte, je me surprenais à me rendre compte que j'avais une envie irrépressible de tout savoir dans les moindres détails. Tant que cela n'impliquait pas une certaine Lucy Gallagher, s'entend.

L'idée de connaître l'expérience ainsi que les désirs de Tim était passée d'un simple fantasme quelque peu attrayant lorsqu'il avait proposé ce jeu, à un besoin vital pour calmer ma soif. A présent qu'il avait ouvert la vanne, il fallait que tout le gaz sorte, et vite.

J'attendis patiemment qu'il joue, observant son comportement avec intérêt.

Il se passa une main dans les cheveux, et je me retins de justesse de me mordre la lèvre à mon tour. Avait-il seulement conscience de l'attractivité dont il pouvait faire preuve à travers ce simple geste ?

Oh, j'avais depuis un moment déjà abandonné l'idée de me flageller mentalement à chaque pensée de la sorte. Pas que j'acceptais pour autant mon désir impromptu envers mon meilleur ami, loin de là ; juste que ces pensées étaient là et que je faisais avec. Du moins pour ce soir. Et puis franchement, comment ne pas loucher sur un fondant au chocolat après plus d'un mois passé sans goûter au moindre dessert ? Je n'étais pas à blâmer.

I ferma les yeux pour mieux se concentrer, ce qui me fit esquisser un sourire. Je l'avais bien éduqué, ce petit.

Enfin, la sentence tomba.

- J'ai jamais fait de choses... déplacées... avec un camarade de Maison.

Ah, merci ! Merci de te prêter au jeu et de me livrer exactement les informations que je convoitais.

Il posa la main sur sa chope, et je le regardai faire, le coeur battant la chamade. Alors, Lennox, dis-moi tout. Confie-moi tes secrets les plus intimes...

Il ne but pas.

Moi non plus.

Mais si l'on éliminait la possibilité d'avoir fait ce genre de choses avec un camarade de Maison, il n'en restait pas moins que le champ était vaste. Sa pseudo question était bien trop ciblée. Qu'en était-il des autres élèves ? Des étrangers croisés en vacances ? Des moldus ?

Fronçant les sourcils, je tentai de me concentrer pour ne pas manquer l'occasion qui se présentait à moi.

- Je n'ai jamais fait de choses déplacées avec quelqu'un de Poudlard.

E
lève, pas élève, elfe de maison ou fantôme, la liste était longue. Pas forcément éthique, mais j'incluais toutes les possibilités.

Plissant les yeux, une lueur de défi dans le regard, je posai les coudes sur la table et le menton sur mes mains interposées. Je tentai de sonder sa réaction, tandis que, d'une lenteur presque intenable, je saisissais mon verre pour le porter à mes lèvres, me déclarant coupable.
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Timothy K. Lennox

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Ven 27 Juil - 0:41



Je n'ai jamais fait de choses déplacées avec quelqu'un de Poudlard.

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire. Je savais, plus ou moins, que la condition "avec un camarade de maison" n'allait pas lui plaire tant que ça : trop spécifique, trop insignifiant ! Elle élargit le champ, comme c'était plus ou moins attendu de ma part, même si j'ai espéré qu'elle change totalement de sujet, histoire de diversifier les questions posées. A peine ai-je le temps de me faire des films que j'ai la réponse à la question qu'elle s'est elle-même posée : elle prend sa chope et boit la fatale gorgée, ne laissant plus de place au doute. Je souris et hausse un sourcil à la vue de son acte qui prend la forme d'une réponse sans aucune ambiguité. Toutefois, je dois avouer qu'une chose se réveille, au même moment, au fond de moi. Je ne saurais donner un mot clair et précis sur cette sensation étrange, bien que je puisse déceler une pointe discrète mais néanmoins présente d'envie. Savoir qu'elle a été à quelqu'un d'autre que moi ne me laisse définitivement pas indifférent. Mais je ne suis toutefois pas du tout en colère : ni contre elle, ni contre celui qui l'aura possédée. Toutefois, je me dis que lui révéler la vérité me metterait dans une position de faiblesse. Je n'ai jamais fait de telles choses avec quelqu'un de Poudlard. Avec personne, d'ailleurs. Je dois avouer, un peu honteux, que je cultive une certaine gêne à y penser, alors à en parler... Allez, je me lance. Quand faut y aller...

Je prends ma chope et la lève, comme pour lever un toast. Et je bois une gorgée. Puis une deuxième, une troisième, une quatrième. Quelques gouttes de bièraubeurre viennent couler directement du goulot jusqu'à mon menton. Mais finalement, presque tout finit au fond de mon gosier, et c'est finalement une chopine vide que je me repose, calmement sur la table, arrivant juste à peine à retenir un rôt de tous les diables. Voyons, il y a une jolie fille en face de moi, ce serait malvenu de ma part que de lui envoyer une tempête buccale en pleine tronche. Je ne peux m'empêcher d'afficher un sourire satisfait, faisant ma plus belle tête de sale gosse. La satisfaction est double : non seulement je n'ai lâché aucun renseignement à mon interlocutrice, mais j'ai en plus fait un cul-sec de toute beauté. Je profite même de ce que je qualifie moi-même de victoire pour retourner ma chope, comme si je voulais montrer l'évidence : je n'ai plus rien à boire.

"J'vais chercher à boire."

Je me lève, plus ou moins difficilement. Même si mon cul-sec date d'il y a moins d'une minute, l'alcool emmagasiné d'un coup commence déjà à un peu me monter à la tête. Je me dirige vers le comptoir et prends deux nouvelles bièraubeurres, sous l'oeil circonspect des tenanciers qui doivent trouver, quand même, que nous buvons trop vite pour que nous réussissions à ressortir sur nos deux jambes. Je prends les deux chopes après avoir lâché mes quatre mornilles, et je retourne à la table. Je pose les deux chopes : une du côté de Sid, une de mon côté. Bien que Sid n'ait pas terminé sa propre boisson, je pense qu'elle pourrait terminer la sienne assez vite, d'où la bièraubeurre de rab. Je me rassieds, l'air toujours satisfait par ma crasse bêtise. En tirant ma boisson vers moi, je réfléchis donc à une nouvelle question à poser. Une à laquelle je peux quand même répondre : je n'ai pas envie de renchaîner sur un cul-sec dans l'immédiat. Je m'enfonce, m'appuie sur le mur juste derrière moi, prenant une moue faussement concentrée.

"Alors, qu'est-ce que je pourrais dire... Quelque chose d'intéressant et de croustillant, et à laquelle tu n'aurais éventuellement pas envie de répondre, histoire que tu me rattrapes..."

AH. Je sais.

"J'ai jamais pensé de façon peu décente à la personne assise en face de moi."

L'alcool me désinhibe déjà. Forcément. Dans d'autres circonstances, je n'aurais jamais osé dire ce genre de choses, surtout pour boire un coup après. A vrai dire, je pose cette question plus ou moins par défaut : je n'ai pas trouvé d'autre question assez intéressante à poser. Et puis, soyons honnêtes : ce genre de choses doit forcément débarouler sur le tapis à un moment ou à un autre. Bref, je prends ma chope et bois une gorgée, même si celle-ci est un peu moins généreuse que les autres : je n'ai pas envie d'être cuit de suite, je vais donc me calmer sur les deux trois prochaines gorgées. Puis je reprendrai un rythme normal, évidemment. Il est question de s'amuser, tout de même. Et elle ? Elle va boire, ou pas ? Je dois avouer que sa réponse, même si je ne suis pas sûr qu'elle sera celle que j'attends, me laisse plutôt impatient. Et j'espère surtout que ce sera la réponse que j'attends : le contraire me fouterait un sérieux malaise que je ne pourrais guérir qu'avec une sérieuse cuite capable de m'ôter tous les souvenirs de cette soirée...


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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Ven 27 Juil - 10:53


Je serrai le poing, peu fière, en colère contre moi-même.

A trop vouloir jouer, j’avais brûlé les étapes, ne nous laissant pas le temps de nous désinhiber assez pour franchir certaines limites. Et les conditions de jeu s’étaient avérées efficaces pour me frustrer. Qu’elles aient été instaurées pour me dissuader de répondre, c’était une chose. Mais que Tim s’en serve allègrement pour ne pas me donner de réponse, c’en était une autre. Et je l’avais mauvaise. Vraiment mauvaise.

En même temps, il fallait avouer que c’était de ma faute. J’étais allée trop vite. Pensant avoir le contrôle de la situation, je m’étais emballée et n’avais pas été assez stratège. Il avait un point d’avance, donc. Mais pas pour longtemps, car après ce cul-sec des familles qu’il venait de s’enfiler, il allait devenir plus bavard, et je comptais bien en profiter.

Le voilà qui revenait, armé de nos fidèles compagnons de soirée. Deux chopes bien remplies, prêtes à être déguster par les joueurs que nous étions. Le sourire qu’il abordait confirma ma théorie : il était fier de lui, de sa petite entourloupe. Je fronçai le nez. Il n’allait certainement pas s’en tirer aussi facilement.

Je le regardai s’assoir, les yeux plissés, les lèvres pincées, attendant son prochain coup. Le bougre m’avoua chercher une carte qui me ferait boire l’intégralité de ma bière. Je soufflai un petit coup par le nez, un sourcil haussé.

Try me.

Il ne m’aurait pas ainsi. J’avais choisi de jouer, j’assumais. D’autant plus que je devais profiter du fait d’avoir une longueur d’avance sur lui – j’étais la plus sobre des deux, et c’était un avantage considérable. Je ne le laisserais pas gagner.

Et c’était donc avec une concentration infinie que je fis en sorte de ne pas laisser transparaître ma stupeur lorsqu’il formula enfin sa question sous-jacente, visiblement satisfait. L’alcool lui permettait de s’affranchir de certaines barrières, mais il n’en devenait que plus fourbe. J’avais sous-estimé mon adversaire ; jamais je n’aurais pensé qu’il puisse être aussi audacieux. Je serrai les dents, envisageant la possibilité de descendre ma chopine, avant de le voir prendre la sienne et boire quelques gorgées, effarée.

Je me mordis la lèvre de nouveau. Non seulement il me provoquait, mais en plus il m’avouait on ne peut plus clairement qu’il avait déjà pensé à moi de la sorte. Mes poils se hérissèrent, et je dus me retenir de ne pas le saisir par le col pour l’attirer à moi et lui rouler la pelle de sa vie. Pas tout de suite, Sidney. Calme tes ardeurs. Il fallait d’abord que je trouve comment me sortir de là.

Finir ma pinte revenait à déclarer forfait, c’était donc une option à bannir. Mentir serait trop facile. Mais je ne pouvais décemment pas lui confier que je pensais à lui comme il pensait à moi, surtout que moi-même, j’avais du mal à l’assumer. Mais si lui n’y voyait pas de problème, je ne comprenais pas pourquoi je continuais à me prendre la tête à ce sujet. Et puis franchement, après cet aveu, je n’allais pas lui foutre le pire vent de l’humanité… Si ? C’est vrai que ce serait carrément hilarant.

Malgré moi, un sourire carnassier se dessina sur mes lèvres. J’attrapai mon verre, les yeux plongés dans ceux de mon acolyte, et le levai à sa santé. Une gorgée ne me suffirait pas. Pour avouer une chose pareille, il fallait que je boive, beaucoup. Histoire de compenser, et de marquer le coup d’une telle confidence. C’était parti.

Je portai la chope à ma bouche, et la levai avec une détermination telle que j’étais prête à parier que Tim pensait me voir la finir. Mais il n’en n’était rien – si j’étais effectivement arrivée à la moitié de mon breuvage, je m’arrêtai là et reposai ma bière sur la table avec un coup sec qui fit légèrement trembler le bois.

Je reposai mon regard sur mon ami, sourire en coin sur les lèvres, et lui adressai un clin d’œil, fière. Puis, je posai les coudes sur la table, me penchant vers lui, approchant mon visage du sien, pour lui souffler avec une pointe d’espièglerie :

- Je n’ai jamais eu une envie irrépressible de sauter sur la personne assise en face de moi.

J
e me redressai, reprenant lentement ma place, lui laissant le temps d’assimiler mes paroles. L’observant avec malice, je repris ma bière pour en boire deux gorgées, avant de la reposer et de faire claquer ma langue pour le provoquer quelque peu. J’étais en train de prendre conscience d’une toute autre facette de Tim, et c’était diablement excitant. Je n’avais qu’une envie : en savoir plus.

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Timothy K. Lennox

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Ven 27 Juil - 14:57



Je la vois prendre sa chope de bièraubeurre qu’elle porte, délicatement et assurément, jusqu’à ses magnifiques lèvres rosées. C’est alors qu’elle ne s’arrête pas à la première gorgée et continue de doucement la boire. Je dois admettre, sur le coup, que je ne me sens pas tranquille : si elle finit sa chope, cela peut signifier deux choses, toutes mauvaises pour moi. La première d’entre elles est qu’elle ne partage pas ce à quoi je pense et qu’elle fait en sorte de la cacher, en donnant de sa personne, histoire que je ne me sente pas trop gêné. La seconde hypothèse, la plus probable, est celle d’une envie de jouer avec moi comme un chat jouerait avec une souris avant de la mettre à mort. Je ne peux m’empêcher de la regarder intensément, à la fois passablement excité par la situation mais appréhendant également un échec cuisant de ma part. Quel n’est donc pas mon soulagement quand je la vois ne pas finir sa bière et pencher légèrement, avec sa moue boudeuse de pin-up nordique, sa chope pour que je constate qu’elle en a bel et bien laissé à dessein. Un frisson vient alors me parcourir la nuque et descendre lentement jusqu’au bas de ma colonne vertébrale. Bien que j’ai du mal, dans un premier temps, à dissocier ce frisson avec les effets d’une alcoolémie qui augmente doucement mais sûrement, je me rends vite compte que c’est effectivement un frisson de plaisir alors que je la dévisage.

Un court instant, je ne peux m’empêcher de poser les yeux au sol, à la fois étonné et émoustillé par ce qui est en train de se passer. Je dois avouer que je ne m’attendais pas, il y a à peine trois quarts d’heure, à ce qu’une telle chose se produise. Aux Trois Balais, avec elle. Je relève les yeux et je me rends compte, alors, que j’ai un mal de chien à décoller mon regard d’elle, et mes yeux ne peuvent qu’être le miroir de mes aspirations soudaines. Si l’humidité de mes vêtements avait tendance à me donner froid à mon arrivée au pub, je ne pouvais maintenant plus que ressentir une immense chaleur presque étouffante. Je m’étonne, par la même, de mon comportement. Moi qui suis plutôt timide avec les filles qui me plaisent, je me retrouve joueur et soulagé de mes propres obstacles que j’ai tendance à mettre en travers de ma route. Mon regard se pose alors sur sa main, posée près de la chope qu’elle vient de reposer. Puis je remonte. D’abord le bras, puis son épaule, puis sa clavicule découverte, puis son cou, puis ses lèvres. Au moment d’arriver à son regard que je croise, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire en coin et de lever les yeux en l’air, luttant contre moi-même pour laisser paraître le moins possible. Intérieurement, je dois quand même admettre que ce projet sera vite à jeter aux oubliettes : je ne peux m’empêcher de la regarder avec envie.

C’est alors qu’elle se penche sur la table, s’approche de moi. J’ai alors le droit d’admirer de plus près son grain de peau magnifique, coloré d’un beige pâle légèrement rosi par l’alcool et la chaleur du lieu et de la situation qui s’y déroule. Je ne peux pas arrêter, de mon côté de faire tourner mon anneau autour de mon doigt par nervosité. Si, d’habitude, c’est moi qui joue avec elle de toutes les manières possible et imaginables, c’est aujourd’hui elle qui joue avec moi. De la manière que je semblais la plus impossible et la moins imaginable. Paradoxal.

Je n’ai jamais eu une envie irrépressible de sauter sur la personne assise en face de moi.

La phrase qu’elle prononce finit d’effacer, en moi, toute trace de timidité liée à la relative inexpérience que j’ai dans le domaine de la séduction. Je me passe une main dans les cheveux et je suis si nerveux que je dois lutter contre mon propre sang, qui me semble assez chaud pour bouillir, pour éviter de me les arracher. C’est alors qu’elle porte sa boisson aux lèvres et boit une gorgée. Je sens alors mes joues rougir, même si je tente l’impossible pour éviter que ça ne se produise. Si je me laissais faire, je me mordrais la lèvre inférieure jusqu’au sang. Comme pour évacuer toute la tension d’un tel moment, je ris et me colle la main sur les yeux, comme si je n’en revenais pas moi-même. A vrai dire, ce n’est pas si faux que ça. S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’était de flirter, aujourd’hui, de méchamment flirter, avec Sid. Avec tout le recul que je peux avoir à cet instant, même si je n’ai pas vraiment la capacité d’en avoir beaucoup, je me demande pourquoi, d’ailleurs, alors que je la regarde intensément après avoir retiré ma main. Comment n’ai-je pas pu essayer quelque chose avant ? Comment ces cheveux enflammés, ce regard profond et ces lèvres magnifiques et pleines de vie n’ont-elles pas pu m’attirer comme ça avant ? J’en oublie presque de boire. Parce que oui, je bois. Évidemment, que je bois !

Je prends ma chope et bois une gorgée, tout en fixant Sid qui, elle, semble totalement avoir la maîtrise d’elle-même. En reposant ma boisson, réfléchissant déjà à la prochaine phrase que je devrai prononcer, je me demande alors ce que je pourrais bien dire de pertinent. Je n’ai aucune envie d’en savoir plus sur le reste. En plus, même pour tous les galions du monde, je ne changerais pas ma place. Au-delà d’être avec une si jolie fille qui semble, pour une quelconque raison, me trouver attirant, c’est avec une amie qui m’est chère que je passe du temps. Pourquoi vouloir être ailleurs ? Mais assez parlé de l’ailleurs, parlons du maintenant et du ici. Car ce sont là que les choses intéressantes, pour nous, se passent. D’ailleurs, je dois trouver quelque chose à dire, et la tâche va se révéler ardue. Comme quoi, ce n’est peut-être pas moi le meilleur, à ce jeu. On en découvre tous les jours.

"J’ai jamais eu envie qu’à la prochaine gorgée, la personne en face de moi me prenne par le bras pour qu’on aille ailleurs."

Au diable la bièraubeurre, au diable les trois balais. Et au diable la subtilité, aussi. Décidément, je ne saurais dire si l’alcool a un excellent effet pour moi ou un effet plutôt désastreux. Je pense que la réponse tiendra dans la réponse de Sid. C’est alors que je prends délicatement ma chope et que j’en bois une généreuse gorgée. A elle de faire de son choix, maintenant, j’imagine.



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Sidney J. Pond

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MessageSujet: Re: Bièraubeurres & guimauves (PV Sidney J. Pond)   Sam 28 Juil - 10:13


Merlin, ce qu’il me donnait chaud.

Je bouillonnais, intérieurement d’abord : l’excitation avait largement pris le dessus, le suspense faisait trembler mes doigts, mille scénarii prenaient vie dans ma tête, et il me fallait savoir lequel d’entre eux allait se concrétiser. La suite des événements se révélait prometteuse, et je ne tenais plus.

Extérieurement, ensuite. J’avais, d’une part, à présent assez bu pour retirer mon pull ; pas parce que j’étais désinhibée d’une façon incongrue, mais parce que l’alcool ingéré diffusait une chaleur bien réelle dans mes veines. D’autre part, la tension entre nous avait fait perler une goutte de sueur sur mon front, et mon bas-ventre me brûlait à tel point que j’en oubliais le décor.

Il n’y avait plus que nous deux, dans ce bar. Cette table, sur laquelle était posée l’arme de nos crimes ; ces deux tonneaux de bois qui nous accueillaient ; et nous, personnages principaux de l’intrigue. Intrigue ma foi qui me faisait presque haleter, me prenant aux tripes, altérant mes sens.

Je n’ai jamais eu envie qu’à la prochaine gorgée, la personne en face de moi me prenne par le bras pour qu’on aille ailleurs.

Ses mots résonnaient dans ma tête, faisant écho à mes désirs, se répétant inlassablement, tintant dans mes oreilles. Il avait ce talent de prendre des initiatives tout en me laissant le contrôle de la situation, et ça me rendait dingue. Il m’offrait l’occasion rêvée de mettre fin à ce jeu-là pour en débuter un autre, tout aussi alléchant.

Jamais je n’aurais pensé que flirter avec Tim pouvait être si excitant. Je me mordis les joues, le regardant boire sa bière, m’invitant à prendre les devants. Ses yeux brillaient d’impatience, de désir, d’audace. Et moi, je vrillais totalement.

Mes doigts se refermèrent lentement autour de ma chope, et je bus une gorgée pour lui signifier que je partageais son envie. Puis, mue par une soudaine hardiesse, je me levai, peut-être trop vite. L’alcool me monta aussitôt à la tête, me faisant chanceler. Une main sur la table pour garder mon équilibre, j’adressai un signe de tête à Tim pour lui intimer de m’imiter.

Je finis la totalité de ma bière, reposant mes deux chopes à présent vides. Je savais que j’allais finir par regretter mon geste à un moment ou un autre, mais tant pis ; il était l’heure d’agir, non de se dégonfler. Et puis sincèrement, quel gâchis aurait-ce été de partir en laissant tout ce breuvage pour lequel Tim avait payé.

Je ne vérifiai même pas s’il avait lui aussi terminé sa boisson, et me dépêchai de le saisir par le bras, mon aplomb prenant les commandes. Au diable ma réticence à tout contact physique, au diable mes barrières, au diable ma réserve ; j’avais faim. Faim de savoir ce qui allait se passer, faim de transgresser mes propres règles pour laisser le destin décider de la suite, faim de lui.

Ni une, ni deux, me voilà partie en direction du comptoir pour demander à la patronne l’accès à la cheminée. Je sortis une petite bourse de mon sac, en dénouant la corde pour pouvoir prendre la poudre de cheminette qu’elle contenait. Me tournant vers Tim, sans me rendre compte que ma main tenait toujours fermement son bras, je m’approchai de son oreille pour lui glisser quelques mots.

- Tu connais l’adresse. Te retrouve pas ailleurs.

T
âche qui risquait de se révéler ardue au vu de notre alcoolémie, mais je lui faisais confiance.

Aussi, le lâchant enfin, je jetai une poignée de poudre dans le feu avant de donner la bourse à mon acolyte. Je fis un pas dans l’antre, fermant les yeux pour rassembler mes idées. Avec toute la concentration dont je pouvais faire preuve, je veillai à bien prononcer distinctement le lieu où je comptais me rendre, puis je relevai la tête et adressai un clin d’œil à Timothy, disparaissant aussitôt dans un tourbillon de flammes vert émeraude.

Dans le prochain épisode...:
 

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Je vous méprise en #8D3941.
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